La bourse ou la vie

2007-01-13 - Le Temps
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Certains jeunes sont appâtés par le gain facile qu'ils entendent obtenir par tous les moyens, même avec l'arme blanche s'il le faut.
Pour réaliser leurs desseins, ils s'en procurent facilement pour la détenir sans autorisation et l'utiliser ensuite en cas de besoin.
Ils ne quadrillent plus les quartiers, à la recherche d'éventuelles proies perdues dans les labyrinthes des ruelles ou impasses, sans ce fameux couteau à la lame tranchante qui leur donne d'emblée un avantage prépondérant sur ces dernières, facilement délestées de leurs biens.
Ces délinquants, que pourchassent infailliblement les agents de l'ordre, ont un agenda rigoureusement établi puisqu'ils consacrent, chaque fin de mois, à la chasse au trésor.
Traduisez de vous-même : ils partent à la conquête des salaires récupérés auprès des banques, par des citoyens honnêtes qui ont bossé trente jours durant.
Le fruit d'un labeur mensuel qu'un malfaiteur cueille sans peine, loin des regards indiscrets, le plus souvent sous la menace d'une arme blanche.
C'est ce qui est arrivé à ce paisible passant, dans un coin isolé du district de Sidi Hassine.
Pourtant, il était bel et bien accompagné de son épouse qui n'a point effrayé l'agresseur.
Calmement, ce dernier, qui avait suivi la victime depuis la banque où elle a reçu une belle liasse de billets frétillants, somma l'époux de lui remettre le magot tant convoité.
Bien entendu, la lame du coutelas était pointée au niveau du bas de l'abdomen.
Malgré cela, le citoyen opposa une vive résistance, mais il dut s'avouer vaincu quand le coupable le blessa gravement au poignet avant d'alléger son portefeuille du salaire qu'il venait à peine de percevoir.
Une coquette somme de trois cents dinars venait de changer de main, dilapidée pendant les deux jours qu'a duré sa cavale.
Le pauvre mari, sous le regard pétrifié de sa compagne, se dirigea alors au poste de police le plus proche pour déposer une plainte contre X.
Après avoir reçu les soins d'urgence, il donna aux enquêteurs le signalement précis de son agresseur qui fut arrêté dans les 48 heures.
En effet, de nombreux suspects ont été convoqués avant que la victime ne reconnaisse le voyou qui l'a délesté de son salaire.
Ce dernier a tergiversé un certain temps avant de reconnaître son forfait.
Il a même avoué avoir invité des acolytes à une beuverie au cours de laquelle il a dépensé tout son butin.
Le procureur de la République a émis un mandat de dépôt et l'accusé a été écroué pour les fins de l'enquête confiée à un juge d'instruction du tribunal de première instance de Tunis.
H.TAZARKI



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