Initialement condamnés à la perpétuité , ils sont blanchis par la cour d'appel

2007-01-22 - Le Temps
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Tunis / Le Temps : C'est une affaire exceptionnelle tant sur le plan des faits que sur le plan de la procédure.
Les faits remontent à l'année 2000 où trois personnes étaient accusés d'avoir violenté un attardé mental, qui vint se joindre à eux alors qu'ils étaient en train de se soûler dans un bâtiment inhabité, à Nabeul.
Ils eurent l'idée de le délester de son argent et de tout ce qu'ils espéraient trouver chez lui, ils le rossèrent de coups, en n'y allant pas de main morte, sans réaliser qu'ils étaient allés très loin.
Tellement loin qu'il passa de vie à trépas.
Ayant constaté qu'il était sans vie, ils lui fracassèrent la tête à l'aide de grosses pierres pour le coup de grâce et pour s'assurer qu'il ne faisait plus partie de ce monde, et se débarrassèrent du cadavre en le jetant dans un puits.
Quelques jours après des enfants qui jouaient à proximité du puits, se rendirent compte du cadavre et alertèrent la police.
Les investigations des enquêteurs avaient abouti à l'arrestation des trois accusés, qui étaient des jeunes sans travail et sans ressources, originaire de la région.
A l'enquête préliminaire, ils nièrent les faits qui leurs étaient incriminés.
Mais ils avouèrent par la suite en donnant les détails de leur méfait, déclarant même qu'ils n'avaient trouvé sur la victime que 10 dinars.
Inculpés de meurtre avec préméditation, ainsi que de violences graves, voies de fait sur un tiers, et vol qualifiés, ils furent condamnés par le Tribunal de Grombalia à la prison à perpétuité.
Interjetant appel, ils furent acquittés par la Cour d'appel de Nabeul, ayant déclaré que les aveux leurs ont été extorqués par la violence.
Sur recours du procureur devant la Cour de cassation, celle-ci cassa le jugement et renvoya l'affaire de nouveau devant la Cour d'appel de Nabeul, autrement composée.
Celle-ci les condamna de nouveau à la perpétuité.
C'est là qu'ils se sont pourvus en cassation.
Le jugement cassé de nouveau est renvoyé devant une autre chambre de la Cour d'appel de Nabeul.
Comparaissant dernièrement devant cette chambre, les accusés clamèrent leur innocence, soutenant que leurs aveux étaient recueillis sous la menace.
L'avocat de la défense affirma que cette affaire est assez confuse.
Il n'y a aucune preuve dans le dossier ajouta-t-il, à part les déclarations des accusés eux-mêmes.
Les empreintes digitales ne constituent pas une preuve tangible du meurtre, les accusés n'ayant pas nié s'être trouvés sur les lieux du crime, mais sans pour autant avoir commis aucune infraction, mais ils avaient choisi cet endroit retiré pour boire et passer un moment ensemble.
Les accusés devant cette situation floue et confuse, doivent, affirma la défense bénéficier du doute.

Il demanda sur cette base, leur acquittement pur et simple.
La Cour avait retenu cet élément, pour prononcer leur acquittement.
La vérité a été emportée à jamais avec la victime.



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