Un tunisien accusé du meurtre d'un Maghrébin

2007-01-29 - Le Temps
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Tunis - le Temps : Le 20 octobre 2005, le parquet du tribunal de première instance de la Manouba, fut informé par la Garde nationale de la découverte d'un cadavre au canal de l'Oued Medjerda.
Celui-ci s'avéra être celui d'un Libyen et l'autopsie ordonnée par le procureur révéla qu'il portait des traces de blessures profondes générées par des coups portés à l'aide d'un objet tranchant.
Ce qui permit de conclure à un meurtre plutôt qu'à un simple accident.

L'enquête ordonnée par le procureur permit d'arrêter un jeune homme de 27 ans qui s'avérant avoir des relations avec la victime fut inculpé d'homicide volontaire avec préméditation.

Qu'en est-il au juste, et quelles sortes de relations avait eues ce jeune homme avec la victime ?
Il appert, d'après les déclarations de celui-ci, étudiant en informatique de son état, qu'il avait fait connaissance avec la victime dans une boîte de nuit à Hammamet, où il travaillait pendant les grandes vacances, pour se faire un peu de sous.

Celui-ci, d'origine libyenne était venue à Tunis en touriste et avait sympathisé avec l'accusé.

Une amitié s'était tissée entre eux, et le Libyen proposa de ce fait au jeune de l'aider à émigrer pour trouver du travail.
Il le prit à cet effet avec lui en Libye pour le présenter à une société dont le responsable l'assura d'un visa pour l'Europe moyennant la contre -partie de 3500 dinars.
Ayant eu une certaine réticence au départ, le jeune finit par payer la somme demandée, rubis sur l'ongle, après avoir toutefois, été mis en contact par téléphone avec un responsable d'une société établie en France, qui lui promit de lui envoyer une invitation, par le biais de la société libyenne chargée d'accomplir le reste des formalités.

Etant resté avec son ami, sur le territoire libyen, il revint quinze jours après à la société en question pour terminer les formalités du visa tant attendu, mais fut cependant stupéfait de trouver porte close- la société avait disparu.
Il alla retrouver son ami qui le rassura en lui disant qu'il lui trouverait une solution et au pire des cas il lui restituera ses 3500 dinars dont il s'était porté garant de toutes façons.
En attendant il le raccompagna en Tunisie.

Mais sur le chemin, et arrivés au niveau du canal de la Medjerda ils durent s'arrêter à cause d'une mauvaise visibilité due au brouillard
Brusquement.
Le libyen descendit de voiture et ouvrant le coffre, il sortit les bagages du jeune homme en les jetant par terre, faisant comprendre à celui-ci qu'il ne pouvait plus rien pour lui.
Puis pour l'obliger à quitter la voiture, il sortit un coutelas avec lequel il le menaça, avant de lui mettre les mains au cou pour l'étrangler.
Le jeune homme se défendant parvint à lui arracher le coutelas.
Il prit alors la valise du jeune homme, pour la jeter dans le canal et celui-ci voulant le rattraper, le coutelas l'atteignit par mégarde au flanc gauche.
Il courut encore pour disparaître après que le jeune homme entendit un grand bruit de chute.

Le jeune homme pris de panique quitta les lieux pour regagner son domicile et raconter sa mésaventure à sa famille.

Le lendemain, accompagné de sa mère, il se rendit au poste de la Garde nationale de Saïdya qui nota sa déposition et le présenta au parquet.

Tels sont les faits selon la version du jeune homme au cours de ses déclarations tant à l'enquête préliminaire que devant le tribunal où il comparut dernièrement, inculpé de meurtre avec préméditation en vertu des articles 201,202 du code pénal.

Son avocat, demanda le renvoi en vue de préparer les moyens de défense de son client qui clame innocence, déclarant qu'il n'a jamais eu l'intention de tuer la victime.




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