Place à l'opportunisme !

2007-02-01 - Le Temps
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Ils étaient jeunes, beaux, amoureux.
Ils se sont mariés et ont partagé des moments de délice et des moments de misère.
Ils se sont disputés, se sont réconciliés.
Ils ont eu des enfants, construit une maison, acheté une voiture.
Leurs affaires ont fleuri en même temps que leur couple prenait de l'âge et les enfants sont devenus adultes, la maisonnette une belle villa, la voiture, deux ou trois.
Un beau jour, on apprend à la femme que son mari a pris une maîtresse.

Elle n'en croit pas un mot.
Ce sont des mensonges de jaloux.
Seulement, son cher époux rentre de plus en plus tard à la maison, s'habille plus soigneusement, mais surtout, n'a ni le temps, ni l'envie de l'écouter.
Tout ce qu'elle dit l'énerve et tout ce qu'elle fait n'a pas de sens, ce qu'elle met est moche et, si jamais elle a envie de passer quelques heures avec lui, comme par le passé, il s'éclipse...
Un jour, il demande le divorce...Quelques mois plus tard, il épouse une nouvelle femme, jeune, belle, élégante et qui correspond à son nouveau standing.

Ils étaient les deux meilleurs amis du monde.
Chacun traçant sa route dans la vie, ils ont choisi différentes voies.
L'un est brillant, il a réussi, il gagne bien sa vie.
Son standing change et ses rêves et ambitions deviennent plus grands.
L'autre trébuche un peu, réussit avec peine à boucler ses fins de mois.
Il vit avec des crédits et réussit péniblement à couvrir ses charges.
Ces deux amis, qui ne cessaient de se voir et qui s'apportaient mutuellement une charge d'affection, de soutien et de conseil, savaient rire de leurs propres problèmes et partager leurs soucis, quand ils rompirent les liens.
La cause n'est pas le manque de temps ni le travail.
la cause est que le premier, celui qui embrasse de nouveaux horizons, s'est fait un nouveau cercle de connaissances.
Il leur consacre tout son temps libre, même si au fond il se sent seul en leur compagnie.
Il sait que le jour où il « tombera », il ne pourra point compter sur eux et qu'ils l'abandonneront.
Néanmoins, il peut à présent, leur rendre des services pour recevoir une aide substantielle susceptible de nourir ses ambitions.
Un donnant-donnant lucratif, palpable et immédiat.
Qu'a-t-il l'ancien ami, le vrai, à lui offrir sinon son amitié ?
Le capitalisme commande-t-il même nos relations humaines ou est-ce le fait que c'est plus intelligent de remplacer une personne, quand elle n'a plus rien à nous apporter ? Sauf que même s'il est vrai qu'on rencontre souvent des gens qui ne nous ajoutent rien et qu'on ferait mieux de « zaper » au lieu de perdre son temps avec eux, il y a ceux qui nous apportent toujours quelque chose, mais rien de matériel.
Peut-on dire que leur apport est égal à zéro ? A-t-on le droit, dans le domaine professionnel, au sein d'un couple ou dans une amitié de vider la personne et de la jeter plus tard quand on réalise qu'on l'a absorbée jusqu'à la dernière goutte ?
Hajer AJROUDI



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