Tué, pour une bouteille de vin !

2007-02-14 - Le Temps
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Tunis, Le Temps :
Elle est très bizarre cette affaire de meurtre qu'a eu à juger dernièrement la Cour d'Appel de Tunis, pour la deuxième fois, après un pourvoi en cassation où la Cour décida de casser le jugement qui infligea à l'accusé 20 ans d'emprisonnement ainsi que 5 ans à son complice.
Les faits sont d'une banalité à vous couper le souffle, car il est hallucinant qu'on puisse commettre un meurtre pour un motif aussi futile.
En effet, l'accusé qui était un buveur invétéré, ayant promis une allégeance à vie à Bacchus, envoya un jour un jeune homme lui chercher une bouteille de vin, étant en rupture de stock.
Il n'oublia pas de lui donner largement ce qu'il fallait pour payer ladite bouteille.
Malheureusement, le jeune homme omit de le faire et ne donna plus signe de vie, durant toute la journée.
A la tombée de la nuit, il sortit à sa recherche et se dirigea vers le lieu de son habitation.
Là il put le rencontrer et voulant avoir des explications, la discussion dégénéra en dispute puis en rixe où les amis qui accompagnaient le jeune homme intervinrent pour prêter main forte à celui-ci.
C'est ainsi que le drame arriva, car le buveur qui était excédé, d'autant plus qu'il était en manque, sortit un couteau qu'il cachait dans ses habits avec lequel il asséna un coup sur le flanc du jeune homme avant de prendre ses jambes à son cou.
La victime qui fut transportée à l'hôpital, succomba à sa profonde blessure suite à une forte hémorragie.
Arrêté, l'auteur de l'acte criminel fut inculpé d'homicide volontaire ainsi qu'un ami à lui en tant que complice.
Le motif de droit invoqué par l'avocat de la défense et qui fut retenu par la Cour de cassation était le lien de cause à effet.
La question était justement de déterminer si c'était bien le coup de couteau qui avait généré la mort de la victime ou l'erreur médicale qui avait été la vraie cause de la mort.
De toutes les manières le rapport d'autopsie a été soumis à la Cour.
Cependant, l'avocat de la défense demanda le renvoi de l'affaire afin de traduire certains termes médicaux intervenus dans ledit rapport, qu'il serait intéressant d'en connaître le sens en arabe, langue officielle retenue par la Cour.
Celle-ci acquiescant à cette demande reporta l'affaire à une prochaine audience, après avis du substitut du procureur qui ne formula pas d'objection.



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