Le prix du dévergondage

2007-02-16 - Le Temps
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Il est vraiment curieux de voir une adolescente de seize printemps tomber aussi bas dans le monde du dévergondage au point de s'adonner à la prostitution, alors qu'une femme bienveillante s'occupe d'elle comme sa propre maman.
Pourtant, elle ne manque de rien tant cette dame charitable répond à tous ses besoins et même à ses désirs les plus insensés.
Il est vrai aussi qu'elle a recueilli la gamine d'un centre d'intégration de la jeunesse et de l'enfance pour lui offrir une véritable famille qui s'occupe d'elle et veille à lui assurer une bonne éducation.
Malheureusement, l'adolescente n'était pas cette fille qui entendait profiter du coup de pouce du destin pour redresser la barre et suivre le bon chemin.
Elle n'en faisait qu'à sa tête, donnant du fil à retordre à celle qui a remplacé sa mère et qui la couve comme si c'était sa propre fille.
Elle n'a pas oublié son enfance malheureuse et ses mauvaises fréquentations.
N'a-t-elle pas fait des siennes lorsqu'elle était dans ce centre social qui était censé la protéger des dangers de la rue ? N'a-t-elle pas multiplié les fugues dès sa prime jeunesse ? Et à chaque fois, c'étaient les agents de la police qui la retrouvaient errant dans les rues de la capitale et la ramenaient au centre.
Quelle destinée pour cette jeune fille aux prises avec les turpitudes de l'adolescence !
La pauvre dame qui l'a accueillie croyait la défendre en accusant son voisin de viol lorsque l'adolescente lui raconta ce qui s'était passé entre eux.
Affolée, elle accourut au poste de police du quartier pour intenter un procès contre ce jeune homme qui a osé faire perdre sa virginité à la fille qu'elle entourait d'une infinie tendresse.
Elle dut rapidement déchanter quand l'adolescente dévergondée répondit calmement aux enquêteurs que c'était de son plein gré qu'elle s'était donnée à son voisin qui s'était entiché d'elle.
D'ailleurs, ce n'était pas la première fois qu'elle goûtait aux délices de l'amour, devait-elle ajouter puisque son premier amant lui en avait appris les prémices, sans la déflorer.
D'ailleurs, l'inculpé, interrogé à son tour, confirma les dires de la fille de la plaignante, soulignant au passage qu'il avait déboursé le montant de dix dinars, prix des ébats amoureux.
Il apparaît ainsi que l'acte incriminé tombe sous le coup de la prostitution, d'autant plus que l'adolescente a reconnu qu'elle n'avait pas été victime de viol.
La cour de Radès tranchera à ce sujet.
Hamadi TAZARKI



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