L'amant, la maîtresse et l'inévitable infanticide

2007-02-22 - Le Temps
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Que c'est vil et mesquin de profiter de l'absence quelle qu'elle soit de son conjoint pour donner libre cours à ses pulsions sexuelles et chercher ensuite à les assouvir avec le premier venu, oubliant à l'occasion les liens sacrés du mariage auquel, il ou elle a consenti de gaîté de cœur, pour le meilleur et pour le pire.
D'ailleurs, la société traditionnelle ne pardonne pas un tel comportement qui la déprave, d'autant plus que des actes de ce genre finissent généralement par être découverts, malgré les précautions prises par les fauteurs et la discrétion totale qu'ils manifestent en commettant pareilles actions impies.
« Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se brise », cet adage a certainement échappé à cette dame qui s'est retrouvée soudain sans soutien financier ni affectif.
Son mari étant incarcéré pour huit longs mois avec leurs soirées interminables, suite à un égarement momentané qu'il a payé cher et dont il se souviendra, sa vie durant.
Et pour cause, sa privation de liberté va anéantir son foyer qui éclatera bientôt, à la suite de la plainte qu'il a déposée contre sa femme pour motif d'adultère.
Cette fois-ci, c'est sa propre épouse qui a causé son malheur.
La trentaine bien sonnée, elle n'a pas pu malheureusement résister à l'abstinence sexuelle qui lui était imposée par les circonstances de l'emprisonnement de son mari.
Non loin d'elle, un éphèbe, presque imberbe, lui clignait de l'œil, éveillant en elle les démons de l'amour charnel.
Il était d'autant plus attirant qu'il possédait un commerce.
Du coup, c'était le remplaçant idéal de son conjoint.
Il avait les moyens de subvenir à sa subsistance et surtout à satisfaire ses désirs que tout le monde soupçonne.
Elle tenta alors, sans vergogne, l'aventure avec ce gaillard alerte qui fit de son lieu de commerce un nid douillet pour abriter leurs amours interdites.
Les jours passèrent et ce qui était inéluctable se produisit au grand désappointement de la dame totalement effarée par ce ventre qui prenait de plus en plus de rondeur.
Elle s'inquiéta même des éventuelles conséquences de son étourderie et informa son jeune amant du pétrin dans lequel elle est tombée.
Ce dernier, qui semblait vraiment tenir à cette femme, lui a promis derechef le mariage, une fois le divorce prononcé.
C'était comme du baume sur le cœur de l'épouse infidèle.
Pour un certain temps d'ailleurs, car l'élargissement de son mari est intervenu à point nommé pour que le pot aux roses soit découvert.
Intrigué par les rondeurs de sa femme, il ne tarda pas à l'interpeller sur l'origine de cette nouvelle situation.
Sa réponse brutale : « Je suis enceinte de toi » a failli le suffoquer.
Comment, lui, qui croupissait dans une geôle depuis huit mois, était le père du futur nouveau-né.

« Impossible ! » hurla-t-il de douleur avant de quitter le foyer conjugal, en un coup de vent, pour aller déposer une plainte pour adultère contre l'infidèle compagne de sa vie.
Les policiers devaient la convoquer pour l'entendre.
Bien entendu, elle opposa un cinglant démenti aux dires de son époux et le juge d'instruction chargé de l'affaire prit la sage décision d'attendre le résultat de l'analyse de l'ADN qui sera effectuée sur le nouveau-né, une fois qu'il verra le jour.
Quelque temps plus tard, la femme mit au monde un joli poupon...dans l'établissement commercial de son amant qui, accompagné de sa maîtresse, s'empressa de ...
l'enterrer dans une ferme.
Une fin tragique que dénonça l'époux trompé au juge d'instruction qui fit écrouer les deux amants infâmes avant leur traduction devant la chambre criminelle du tribunal de première instance du Kef.
Hamadi TAZARKI



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