L'immigration, miroir aux alouettes

2007-03-15 - Le Temps
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Nous ne pouvons rester de marbre devant les images de ces milliers de candidats clandestins à l'immigration, véhiculées par les T.Vdu monde entier, surtout lorsqu'il s'agit de tragédies vécues, de naufrages enregistrés et de morts engloutis par les mers.
Le phénomène migratoire prend, en effet, des proportions alarmantes qui mobilisent les pouvoirs publics aussi bien de la rive droite que de la rive gauche de la Méditerranée.
Les images des frêles esquifs, qui chavirent non loin du rivage du prétendu eldorado ou qui sont interceptés au large des côtes européennes, alors que l'odyssée est à son terme pour les rescapés, sont indélébilement incrustées dans les mémoires.
Ceux, qui rêvent d'une vie meilleure, notamment dans la botte italienne, dans l'archipel des Canaries ou dans l'Hexagone, n'hésitent pas à prendre des risques incalculables, à mettre leur propre vie en péril pour fuir la pauvreté, pour la majorité d'entre eux, pour améliorer leur situation sociale pour d'autres.
Fuir son pays natal pour un monde meilleur, c'est le souci majeur d'une jeunesse africaine obnubilée par la vie occidentale, jeunesse à laquelle on fait miroiter le gain facile, l'enrichissement rapide même avec des moyens illicites.
Tout est bon à prendre, à condition d'y « mettre le paquet ».
Les intermédiaires véreux, à l'image de voraces rapaces, proposent, à prix d'or, leurs services à ces malheureux prétendants à l'exode, qui acceptent aveuglément l'aventure.
Et s'ils échouent et s'ils ont la vie sauve, l'inconscience les pousse à récidiver autant de fois que nécessaire.
Bien entendu, nos jeunes, surtout ceux qui végètent dans l'oisiveté, faute de qualification professionnelle, n'échappent pas à ce phénomène d'envergure mondiale qui les attire comme un aimant.
Ils se cotisent, ils s'entraident et ils épargnent, des mois durant, pour amasser le pactole qui tombera inéluctablement dans la besace d'un intermédiaire sans vergogne dont la cupidité n'a pas de limites.
Objectif de nos jeunes égarés : franchir les frontières illégalement à la recherche de l'opulence, des feux qui scintillent dans leur vie nouvelle, de la manne céleste qui s'ouvrira sur leur chemin.
Bref, du paradis.
Oui, ils sont loin du fameux visa, ce talisman qui leur permet de voyager d'une manière régulière.
Ils savent pertinemment qu'ils ne peuvent pas répondre aux multiples conditions de son octroi légal.
De ce fait, ils se sont rabattus sur la solution de facilité.
Faire appel à des passeurs qui se sont spécialisés en la matière au point de former des filières internationales qui rivalisent d'ingéniosité pour contrecarrer les efforts gouvernementaux déployés pour mettre un terme à cette immigration clandestine fort meurtrière.
Hamadi TAZARKI



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