Les incorruptibles

2007-03-18 - Le Temps
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S'il est vrai que toute peine mérite salaire, tout service n'est pas nécessairement rétribué par celui qui le sollicite.
En effet, quand il s'agit d'un service public, les agents qui animent sont payés directement par l'institution qui les emploie et indirectement par les contribuables tenus de cotiser, sous forme d'impôts et taxes multiples, pour que celle-ci puisse y faire face.

D'où vient alors cette attitude, entrée dans les mœurs de certaines sociétés, à vouloir intéresser un agent public ou, disons le mot, le soudoyer à l'occasion d'un travail pour lequel il est déjà rémunéré ?
Cela va du grand responsable tenu de prendre une décision majeure au simple agissant dans le cadre de la tâche qui lui est conférée.

En fait c'est une mentalité qui a pu servir dans une situation de non droit.

Cela avait commencé à un moment où les Droits de l'Homme étaient ignorés et où il n'y avait que la loi du plus fort.

En France à l'ère où le roi gouvernait en monarque absolu prétendant qu'il était le représentant de Dieu sur terre, on ne parlait que de droit régalien, dont il se prévalait pour commettre les abus qu'il voulait et accaparer les biens d'autrui.

A cette époque ceux qui l'entouraient pour former sa cour, n'hésitaient pas à procéder à des malversations, dont celles qui consistaient à intervenir pour un tiers pour lui éviter une sanction physique ou pécuniaire moyennant une contre partie.
Souvent substantielle voire exorbitante.

Toutefois dans des sociétés de droit, des séquelles ont subsisté et le législateur, qui agit pour la paix et la sécurité des citoyens, intervient par des sanctions pour réprimer la corruption qui a pris le terme plus sophistiqué de « pot de vin ».
Ce terme a été remplacé dans des sociétés musulmanes par « café » et il y eu bien des buveurs !
Le « café », était devenu au fil du temps, presque un droit acquis.
Il se discute comme dans une transaction commerciale.
Sauf qu'en l'occurrence, le « commerçant » n'est ni déclaré ni patenté ni soumis à une quelconque taxe.
C'est lui qui, au contraire fixe la sienne.
Une « taxe » pour un travail pour lequel il est déjà rémunéré, ou pour commettre une injustice ou une entourloupette à la loi.
La solution ? c'est toute une mentalité, qui doit changer.
Ce n'est pas toujours facile, mais c'est faisable.

Les incorruptibles doivent agir en conjuguant les effort afin d'éliminer par la racine ce fléau qui constitue un obstacle à l'évolution d'une société et à la liberté de ses hommes.

Ahmed YOUNES



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