"Gueule de bois"

2007-03-20 - Le Temps
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« L'alcoolisme est toute forme d'absorption d'alcool qui excède la consommation alimentaire traditionnelle et courante, ou qui dépasse le cadre des habitudes sociales », telle est la définition qui donne le dictionnaire de médecine de ce fléau ravageur combattu notamment par les sociétés occidentales.
Heureusement que notre religion musulmane a proscrit l'alcool et un très grand nombre de pratiquants se l'interdisent alors que certains y goûtent pour différents motifs, paradisiaques ou pour échapper au stress de la vie quotidienne.
Il se trouve même des personnes qui, pour surmonter leur timidité, « prennent un verre » ou plutôt deux ou trois afin de reprendre confiance et affronter les aléas qu'ils rencontrent.
D'autres y recourent pour soit disant tirer avantage de ses bienfaits sur la santé, oubliant à l'occasion que les méfaits de l'alcool l'emportent largement au point de causer des drames humains aux conséquences sociales terribles.
Tels les accidents mortels de la circulation,les séparations des couples, l'éclatement des familles, les pertes d'emploi...etc.
Bref, des dommages irréversibles avec des traumatismes incalculables et des effets néfastes sur la société.
La modération dans la prise d'alcool semble se perdre de plus en plus.
Même chez nous, ceux qui s'y adonnent ne se contentent plus de l'aspect euphorique qu'il procure.
Plusieurs versent inconsciemment dans l'alcoolisme à force d'ingurgiter, à longueur de journées, des canettes de bière ou des bouteilles de vin qui défilent sans arrêt sur le comptoir de leur bar favori.
Et la première conséquence de cette boulimie d'alcool se traduit par les drames familiaux qui surviennent inéluctablement.
Des femmes et des enfants battus, des vies traumatisées, des foyers en lambeaux.
Le cycle de la violence ne fait alors que débuter car, en levant toutes les inhibitions, l'alcool, en tant que facteur d'agressivité, pousse l'individu à sortir de ses gonds surtout en phase d'ébriété.
Il ira jusqu'à commettre des actes de violence excessive sans s'en rendre compte.
Il pourrait même être l'auteur « dans un état second », de délits sexuels, de rixes, d'homicides.
Bref, de violences vespérales.
Au volant d'une voiture, il faut s'attendre à une catastrophe,voire à un drame.
Car, c'est une personne aux facultés mentales et physiques nettement diminuées qui ira naviguer à vue au milieu d'une circulation dense, avec des conséquences imprévisibles sur les usagers de la chaussée.
Boire ou conduire, le malheureux ivrogne n'a pas fait son choix.
Il tient, en effet, à accomplir successivement les deux actions au mépris de sa propre vie et de celle des autres.
Il espère s'en tirer à bon compte.
Mais le malheur, le plus souvent le guette et il ne pourra pas l'éviter, vu l'état lamentable dans lequel il se trouve, après des libations nocturnes qui n'ont pas encore étanché sa soif...
d'alcool.
Son inconscience viscérale coûte énormément à la société civile qui enregistre bon an mal an et malgré tous les efforts qu'elle déploie en matière de sécurité routière, une cohorte de tués et d'éclopés cloués pour longtemps dans les établissements hospitaliers.
Enfin, au lot, son réveil matinal s'accompagne toujours d'amnésie avec cette « gueule de bois » typique des alcooliques.
Hamadi TAZARKI



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