Boulimique , et alors ?

2007-03-21 - Le Temps
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Chez les anciens grecs, la boulimie était une sorte de thérapie contre la faim dans tout ce que peut comporter ce mot de sens larges et variés.
Il y a la faim physique qui est une attitude instinctive de réclamer à manger lorsqu'on a le ventre creux.
Mais sur le plan psychologique on réclame les choses qu'on aime et cette envie diffère d'une personne à l'autre, voire d'une société à l'autre.
Elle est conditionnée par le milieu dans lequel on a vécu et évolué, et les us et coutumes perpétués dans un milieu déterminé.

Manger à se gaver, puis rendre toute la nourriture avalée avec avidité, pour manger à nouveau, et refaire cette opération plusieurs fois, était une pratique courante chez les anciens grecs, dans un but d'assouvir sa faim et satisfaire pleinement ses envies.
Faire le plein en quelque sorte, tant qu'il était possible de le faire et pour le cas où on manquerait de ces nourritures succulentes devant lesquelles on ne peut résister.

Etait-ce une manière de guérir l'avidité ?
La réponse à cette question est autant difficile que mancée.

Car l'avidité est une attitude qui est tributaire de beaucoup de facteurs.
Elle diffère en tous les cas de la faim qui est instinctive.
On a la ventre creux et on éprouve un besoin physique de manger pour y remédier.

Tandis que l'avidité est une attitude psychologique qui se développe avec l'individu.
Elle fait même partie à un moment donné du caractère de celui- ci
Quelqu'un d'avide, réclame toujours davantage.

Il y a ceux qui sont avides d'argent d'autres avides d'objets d'art de timbres de collection, ou de lecture.
Ceux qui sont avides de nourriture n'hésitent jamais à manger à n'importe quelle heure et dans n'importe quelle circonstance.

La boulimie alimentaire serait dûe dans certains cas à un trouble du comportement, lié soit à de mauvaises habitudes acquises au fil du temps et des circonstances, soit à un problème de personnalité.

Celui-ci peut-être ancien, voire inné, ou intervenu suite à un choc quelconque.

C'est donc une réaction psychologique à un problème déterminé.
Une femme battue, un enfant subissant les problèmes de tensions entre ses parents, un élève qui échoue à un examen...

Dans tous les cas le sujet va se renfermer sur lui même et se rattraper sur la nourriture afin de pouvoir surmonter ses problèmes.

Dans certaines études et recherches sur les troubles de la personnalité, certains psychologues décelent un large éventail de situations sociales et professionnelles où ces troubles sont constatés.
Dans certains cas ceux-ci provoquent une grande souffrance chez le sujet.
Mais c'est une souffrance que celui-i garde pour lui même en essayant en apparence de ne pas le montrer en société.

Thérapie chez les grecs anciens, signe de faste et de bien-être chez les premiers arabes du Yemen et surtout du Hijaz, la boulimie est perçue par la société moderne comme étant une tare, un trouble psychologique qui génère un dérèglement physiologique.

Les boulimiques sont décrits comme des individus obèses, bien que cela ne soit pas évident dans certains cas.
Y compris les anorexiques qui présentent le même trouble comportemental que les boulimiques, qui parfois le deviennent par réaction à une anorexie dont ils ont longtemps souffert auparavant.
Quoi qu'il en soit, le meilleur remède à ce trouble consiste à ne pas en faire un drame.
Il importe de communiquer et de se confier aux autres.
Ceux-ci sont tenus également d'avoir une attitude sensée et pondérée à l'égard d'un boulimique afin de ne pas se hâter de le juger pour le cataloguer, le marginaliser ou le condamner.
Cela fait partie de la tolérance, qui consiste à comprendre l'autre et ne pas considérer ses différences comme une tare
Ahmed YOUNES



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