Y a-t-il eu harcèlement

2007-03-22 - Le Temps
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Tunis, Le Temps :Qu'est-ce le harcèlement sexuel ? La réponse à cette question n'est pas aussi aisée qu'on puisse le penser.
Car, un simple geste même s'il n'est pas notoirement déplacé peut s'interpréter en tant que tel.
C'est la raison pour laquelle ce délit est tributaire de l'appréciation souveraine du juge, selon les cas d'espèce.
Quelqu'un qui appelle une amie au téléphone pour lui lire un poème de Baudelaire, Verlaine ou Rimbaud, peut-il être accusé de harcèlement sexuel ?
Celui qui jette un regard plus ou moins polisson à une dame qui passe dans la rue ou qu'il rencontre dans un lieu public ou privé, peut être également impliqué et même poursuivi par celle qui estime avoir été victime de son geste, mal placé.
Toutefois, et en faisant la part des choses, il y a une différence entre celui qui agit d'une manière spontanée sans récidive et celui qui insiste lourdement, portant ainsi un préjudice notoire à « sa proie ».
Ce fut le cas dans cette affaire où fut impliqué un jeune homme pour avoir harcelé une dame, pâtissière de son état, à un point tel, qu'elle n'en pouvait plus et se trouvait dans l'obligation de porter plainte contre lui.
Elle précisa, en effet, que ce jeune homme était le frère du propriétaire de la boutique qu'elle loua pour y exercer son métier.
Il n'hésitait pas à venir la voir sur le lieu de travail pour l'importuner aussi par des paroles que par des gestes contrevenants aux règles de la bienséance.
En outre, il impliquait une ouvrière dans ladite pâtisserie, en insistant lourdement auprès d'elle pour intervenir en sa faveur et transmettre à la pâtissière ses intentions déplacées et malveillantes.
Devant le tribunal où il comparut en état de liberté, le jeune homme nia en bloc les faits qui lui étaient reprochés, ajoutant que ladite pâtissière lui avait demandé d'intervenir auprès de son frère, propriétaire de la boutique pour ne pas agir en annulation du contrat, en vertu duquel la location du local a été consentie pour uniquement y habiter et non pour y exercer du commerce.
Devant son refus, elle inventa ce scénario de toutes pièces à titre de revanche.
Son avocate le soutenant, plaida l'absence de preuves, le dossier ne comportant que les simples déclarations de la victime.
Quant au témoignage, il ne peut être retenu, provenant d'une jeune fille au service de la victime.
D'ailleurs, celle-ci avait retiré sa plainte, et l'affaire est mise en délibéré.



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