La dernière danse

2007-04-02 - Le Temps
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Lorsque l'ambulance, dépêchée parle service des urgences médicales, arriva à l'hôtel le "Zenith", "Nephertiti" la danseuse était déjà passée de vie à trépas depuis plusieurs minutes.
Elle avait été découverte dans sa loge gisant par terre avec la gorge tranchée au niveau de la jugulaire gauche.
Effrayé par cette scène atroce où la danseuse était pratiquement agonisante, baignant dans une mare de sang.
La femme de ménage qui reprenait son travail tôt le matin, ne pouvait plus tenir sur ses pieds et commença à pousser des cris d'horreur.
Elle était figée et finit par perdre connaissance.
Alertée par ses cris, sa collègue accourut pour s'enquérir et fut stupéfaite à son tour par la cruauté de la scène.
Elle alla appeler les agents de sécurité et le maître d'hôtel.
Celui-ci après avoir appelé les secours, informa la police judiciaire qui avisa le procureur du drame survenu à cet hôtel de quatre étoiles de luxe.
Une autopsie a été ordonnée par le procureur parallèlement à une enquête dont fut chargée la brigade criminelle.
Dans le rapport d'autopsie il était précisé que bien que les causes de la mort de cette danseuse fussent dues à une hémorragie générée par la blessure de la jugulaire, carrément coupée, une forte dose de cocaïne a été décelée dans le sang de la victime.
Qui était d'abord "Nephertiti" ? Une danseuse de seconde catégorie qui se produisait dans les galas et notamment dans des boîtes de nuit.
Elle avait également conclu un accord avec l'hôtel pour une année, afin d'y présenter un numéro de danse pendant l'animation qui a lieu pratiquement tous les soirs.
La soirée du samedi était particulièrement animée et le numéro présenté par "Nephertiti" était plus prolongé dans le temps que ceux présentés en cours de semaine.
Celle-ci ne menait pas une vie sobre.
Depuis l'intervention de son divorce pour faute, elle était quelque peu déprimée.
Elle avait en effet, perdu son droit de garde de la seule fillette, qu'elle eut de son union avec le géniteur de celle-ci un impresario qui l'avait pourtant initiée à la vie mondaine et voulut faire d'elle une grande artiste.
Hélas, son égoïsme et sa cupidité lui jouèrent de sales tours.
Elle eut en effet, des relations extra-conjugales avec un jeune richissime, ce qui suscita la colère et l'indignation de son mari, qui préféra s'en séparer en intentant un divorce pour faute sans aller plus loin dans la vengeance.
Ayant eu la garde de sa fillette, le mari était dans l'obligation de la présenter à sa mère "Nephertiti", dans le cadre de l'exercice du droit de visite dont celle-ci s'en prévalait et auquel elle tenait plus que jamais car elle était très attachée à son enfant.
Elle habitait un appartement situé dans un quartier chic, que le richissime, son nouvel amant lui procura, pour continuer à venir la voir de temps en temps.
Mais au bout de quelque temps il s'en était lassé, et "Nephertiti" se trouva de plus en plus abandonnée.
Aussi était-elle depuis quelque temps dépressive avec le moral à zéro.
Elle se mettait à boire pour noyer ses soucis dans l'alcool.
Quelque six mois avant le drame elle fit la connaissance d'un jeune homme qui était son cadet de quinze ans.
Elle s'en était éprise, pour son physique car il était le type même du play-boy, mais aussi parce qu'il gagnait beaucoup d'argent, ayant une activité en Italie.
Il était toujours bien habillé, et se déplaçait dans une voiture luxueuse.
"Nephertiti" ne chercha pas à connaître quelle activité il pouvait avoir et ne s'en inquiéta même pas.
Elle apprécia le dernier cadeau qu'i lui offrait à l'occasion de son anniversaire : une Mercedes "élégance" flambant neuf.
Cependant, une semaine avant les faits ce jeune homme fut arrêté à la frontière italienne avec une mallette à double-fond contenant de petits sachets d'héroïne.
Le jour du drame elle avait rencontré sa petite fille, accompagnée du père de celle-ci, c'est-à-dire son ex-mari.
Avant de se séparer, ils dînèrent ensemble au restaurant de l'hôtel le " Zenith ".
Elle eut l'idée de proposer à son mari de venir assister avec la fillette au numéro de danse qu'elle devait donner ce soir-là.
Son ex-mari trouva l'idée judicieuse et accepta cette invitation avec plaisir.
Cependant il lui dit qu'il était préférable qu'il allât y raccompagner la fillette à la maison près de sa grand-mère.
Cependant des témoins diront que pendant le dîner une scène éclata entre le couple divorcé, devant la fillette peinée, qui commença à pleurer.
C'était peut-être ce qui obligea le père ramener celle-ci près de sa grand-mère.
Toujours est-il qu'il assista au numéro de danse que Nephertit présenta à dix heures du soir.
Etait-il descendu avec elle dans sa loge.
Certains témoins l'affirmaient d'autres au contraire déclaraient que Nephertiti avait été vue y pénétrer toute seule.
En tous cas c'était ce dont était sûr un des agents de sécurité de l'hôtel.
Qui pouvait la tuer d'une façon aussi odieuse et quel en était le mobile ? était-ce le mari ?
Celui-ci était certes en litige avec elle pour un problème immobilier, car il voulait récupérer l'appartement luxueux qu'il lui céda au moment où ils s'étaient mariés.

Mais allait-il jusqu'à la tuer de cette façon ?
D'ailleurs après avoir été inculpé, il fut relaxé étant donné qu'on ne pouvait retenir aucune charge contre lui.
La thèse du cambriolage a été écartée d'emblée car aucun vol n'a été enregistré ni dans sa loge, ni dans son appartement.
Il restait une seule éventualité, liée avec son ami qui venait d'être arrêté à la frontière italienne pour trafic de drogue.
D'autant plus qu'une dose de drogue était décelée dans le sang de la victime au cours de l'autopsie...
Mais ce n'était que des supputations.
Le mystère de ce drame resta à jamais entier.
Ahmed YOUNES



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