Et Hanène disparut mystérieusement

2007-04-12 - Le Temps
Lu 195 fois

Tunis, Le Temps :
Jeune, encore à la fleur de l'âge, étant née en 1982, Hanène avait tout pour être heureuse : une famille qui l'entourait, des parents qui l'aimaient et la soutenaient, la bichonnant et la choyant, ne la laissant manquer de rien et faisant l'impossible pour satisfaire à tous ses désirs.
Il faut dire que Hanène méritait tous les égards, étant une jeune fille intelligente qui a réussi dans ses études et dont le comportement était irréprochable.
Etudiante en art dramatique elle s'intéressait à mettre en exergue ses dons et joindre l'utile à l'agréable.
Elle pourrait en s'épanouissant apporter un plus dans cet art qui ne cesse d'évoluer dans notre pays.
Elle était tellement accaparée par ses études, que l'idée du mariage ne lui a même pas encore effleuré l'esprit.
Pourtant, sa mère, reçut la visite d'un jeune homme, qui se présenta en août 2004, pour demander la main de Hanène.
Celle-ci n'opposa de refus mais fit part de son intention d'y surseoir, jusqu'à la fin de ses études.
Le jeune soupirant ne considéra pas cette attitude comme une fin de non recevoir et ne perdit pas espoir.
Bien au contraire, il était prêt à attendre que sa dulcinée terminât ses études, ce qui lui permettait, d'ailleurs, de bien se préparer au mariage.
Entre-temps, Hanène continua sur sa lancée, avec le même rythme et le même entrain.
Le 27 octobre 2004, en plein mois de Ramadan, tel que l'avait relaté la mère de Hanène, celle-ci rentra pour la rupture du jeûne, puis elle informa sa mère qu'elle sortait pour aller assister à une représentation théâtrale dans la capitale.
Elle lui demanda même de venir la chercher à la Cité Intilaka à 9h du soir, à la station du métro pour rentrer avec elle à Mnihla.
La mère se rendit en temps et en heure, mais fut étonnée de ne pas voir sa fille à l'endroit convenu.
Elle attendit longtemps mais en vain.
Elle alla, en désespoir de cause aviser la police de la disparition de sa fille.
Le même soir, la pauvre mère reçut un appel téléphonique du soupirant, qui lui annonçait sur un ton hystérique qu'il avait lui- même mis fin aux jours de Hanène.
La mère était terrassée et au bord du désespoir.
Le jeune homme lui indiqua même le lieu où elle pourrait trouver le corps de sa fille.
Elle s'y rendit, en se faisant accompagner par des membres de sa famille ainsi que des agents de police, mais il n'y avait pas de cadavre, ce qui augmentait davantage son inquiétude.
Toutefois, le 29 octobre 2004, soit deux jours après, le jeune homme fut découvert pendu à un arbre, dans la forêt attenant à la Cité universitaire d'El Manar.
La mère ayant appris cet événement avait tout remis en cause.
Elle se mit à la recherche de sa fille par tous les moyens.
Elle alla même voir des voyants afin d'essayer d'élucider ce mystère.
Elle n'a pas encore baissé les bras, car il lui reste une lueur d'espoir ayant le sentiment profond que sa fille vit encore et qu'elle la retrouvera un jour.
C'est le sentiment d'une mère qui refuse l'idée de perdre celle qu'elle considère comme le plus cher : Hanène, le seul espoir par lequel et pour lequel elle vit, et sans lequel elle n'aurait plus de raison d'être.



Avril 2007
LMMJVSD
01
02 03 04 05 06 07 08
09 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30
<< >>