Comme les félins, il marque son territoire !

2006-12-24 - Le Temps
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Incroyable mais hallucinant ! De nos jours, il y a des malfaiteurs qui poussent l'invraisemblable jusqu'à marquer leur territoire pour signifier leur dernier passage, proprement comme les félins.

Quelle trouvaille géniale ! Certainement, l'individu, héros de cette affaire, est un illuminé, au point d'avoir signalé tous ses forfaits par une estampille toute particulière et inimaginable à la fois qui devait finalement le perdre lorsque les policiers se mirent à ses trousses.
En effet comment peut-on penser, un seul instant, imiter les animaux pour signer ses exploits délictueux et de surcroît à leur manière ? Vous l'avez pratiquement deviné : en effectuant ses besoins naturels là où il commet son cambriolage.
Cela frise l'acte de folie.
Le jeune homme en question s'était spécialisé dans le vol par effraction, à tel point qu'il est devenu d'une telle dextérité manuelle qu'il franchissait les portes comme Arsène Lupin.
Sans laisser de traces ni d'empreintes digitales susceptibles de le confondre.
Comme champ d'action, il a choisi le centre-ville de la capitale, là où les entreprises commerciales sont concentrées.
Bien entendu, il attendait que la nuit enveloppe la capitale pour opérer à sa guise, après avoir scrupuleusement repéré, pendant la journée, l'établissement à visiter le soir.
Fort de son expérience, il réussissait à chaque fois à pénétrer à l'intérieur sans attirer l'attention de personne.
Il raflait alors tous ceux qui avaient une valeur marchande fort intéressante avant de quitter les lieux d'une manière habile.
Les cambriolages s'étant multipliés, les plaintes s'amoncelèrent particulièrement aux postes de police de la rue Charles De Gaulle et de la rue de Yougoslavie.
On en dénombra sept dont une déposée par un avocat de la place dont le cabinet a fait également l'objet d'un vol qualifié.
La brigade judiciaire de Bab Bhar a été chargée de l'enquête.
Elle ne mit pas beaucoup de temps pour élucider l'affaire, d'autant qu'elle avait deux indices de choix : l'inculpé est d'une habilité déconcertante concernant l'effraction des portes d'entrée, d'une part, et surtout cette manie bestiale d'uriner dans les locaux qu'il dévalise, d'autre part.
Les policiers focalisèrent leurs soupçons sur un suspect qu'ils surveillèrent de très près jusqu'au moment où ils le cueillirent en pleine action.
Emmené au poste, il passa rapidement aux aveux, faisant remarquer au passage qu'il soulageait ses besoins naturels sur place par peur de faire du bruit dans les toilettes, surtout lorsqu'il actionne la chasse d'eau.
Curieux raisonnement.
Le cambrioleur devait donner ensuite aux enquêteurs les noms des commerçants auxquels il vendait la marchandise volée et qui avaient pignon sur rue aux souks
Sidi Abdessalem et Al Asr.
Et comme pour blanchir sa conscience, il a emmené les policiers à une cachette où il avait entreposée son dernier butin provenant d'un autre larcin, commis cette fois-ci dans un appartement de Tunis.
Il y avait pêle-mêle, des bibelots, une meule à disque, un récepteur numérique, des tuyaux de cuivre, et un service de table.
La propriétaire de ces biens a été invitée pour les récupérer tandis que notre Arsène Lupin particulier a été prié de rejoindre sa geôle en attendant sa comparution devant la justice.
Hamadi TAZARKI



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