Le meurtrier sauve sa tête, en appel

2007-06-16 - Le Temps
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Il ressort des faits que la sexagénaire fréquentait le souk de Lafayette quand elle a été épiée de loin par deux malfrats.
Insouciante, elle était à cent lieues d'imaginer qu'elle serait ce jour-là victime d'un assassinat crapuleux.
En effet en rentrant chez elle vers 10 heures, elle entendit frapper à la porte qu'elle a ouverte pour découvrir un jeune homme qui lui a proposé plusieurs objets à acquérir.
N'étant pas intéressée, elle s'est excusée poliment, et s'apprêta à refermer la porte, mais l'individu fut plus prompt et l'a bousculée pour pénétrer à l'intérieur de la maison et l'agresser.
Elle se débattit vivement ce qui l'amena à brandir un couteau pour lui asséner trois coups au niveau du ventre.
Malheureusement ces coups s'avérèrent mortels.
La laissant agoniser dans une mare de sang, il prit tranquillement tout son temps pour fouiller la demeure et s'emparer d'un récepteur, des bijoux et d'autres objets avant de prendre la fuite.
Le comble, sans jeter un regard de compassion sur le corps inanimé de sa victime, il dévala les escaliers à toute vitesse, pour rejoindre sa douce moitié qui surveillait les lieux, à l'extérieur de l'immeuble.

Alertés, les agents de police et de la protection civile se sont rendu dans l'appartement de la pauvre dame pour les besoins de l'enquête et pour transporter le cadavre à la morgue de l'hôpital Charles Nicolle de Tunis afin de déterminer les circonstances du décès.
Quant à la police technique, elle a relevé les empreintes digitales.

Arrêtés et déférés devant la justice, les deux inculpés passèrent aux aveux, d'autant plus que les agents ont trouvé un couteau dans le sac à main de la complice de l'assassin dont le pantalon était maculé de sang.
Le tribunal de première instance de Tunis a condamné le jeune homme à la peine capitale pour homicide volontaire avec préméditation et la jeune fille à 10 ans de prison pour complicité de vol.
Interjetant appel, les deux accusés ont comparu à nouveau devant la chambre criminelle de la cour de Tunis pour répondre de leur forfait.
L'inculpé principal déclara qu'il opérait de cette façon pour commettre ses cambriolages à l'intérieur des maisons, en compagnie de sa complice avec laquelle il partageait le butin, mais il nia catégoriquement avoir assassiné sa victime.
Quant à la jeune fille, elle affirma qu'elle n'avait aucune connaissance du meurtre et clama son innocence.
Elle devait également souligner que son fiancé n'est pas le meurtrier, car il l'aurait immédiatement informée de son acte.
C'est une autre personne qui a assassiné la vieille femme, a-t-elle ajouté.
L'avocat a soutenu dans sa plaidoirie l'innocence de ses clients dans cette affaire de meurtre, affirmant qu'une troisième personne avait tué la femme.
Il confirma néanmoins que l'accusé avait commis le vol de la demeure et sollicita la cour de lui accorder les circonstances atténuantes.
Les preuves étant irréfutables, la cour d'appel a prononcé la perpétuité pour l'accusé principal et condamné la jeune femme à 20 ans de prison pour complicité.

Lamia CHERIF



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