Beuverie à tombeau fermé

2007-07-05 - Le Temps
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Devant une salle d'audience comble, et par une chaleur suffocante, malgré un ventilateur qui faisait circuler plutôt de l'air chaud, ont comparu dernièrement deux jeunes gens qui ont eu l'idée saugrenue d'organiser une petite beuverie dans une " Zaouia ", d'un marabout bien connu à la capitale.
C'est une première, de leur part, car dans cet édifice religieux plus que centenaire, les gens venaient plutôt se recueillir à la mémoire de ce marabout aux dons bénéfiques et surnaturels.
La " zaouia " est constamment visitée par des jeunes et des moins jeunes qui viennent émettre des vœux de réussite dans un examen, de rapprochement de deux êtres séparés, ou de guérison de quelqu'un de souffrant.
Cependant que les deux accusés ont été surpris dans ladite " zaouia " avec bouteilles de vins et accessoires placés à même la tombe du marabout transformée en comptoir de bar.
En outre, étant éméchés et devenant de plus en plus euphoriques, ils attirèrent l'attention du voisinage par le bruit et le trouble qu'ils générèrent.
Bien qu'interpellés en flagrant délit, ils nièrent le fait d'avoir causé du trouble à l'ordre public.
-" Vous avez souillé la tombe du marabout, que vous avez prise pour une table ou un comptoir, où vous vous êtes permis de déposer vos sales produits! "
leur dit le président d'audience d'un air sévère et révolté.
-" Non monsieur le président, on n'a pas touché à la tombe sacrée du marabout ;
on voulait juste se protéger du soleil, et on est rentré au patio de la zaouia ; en tout cas je vous certifie que personnellement je ne suis pas allé au-delà.
" lui répond l'un des accusés.
Quoi qu'il en soit, la loi interdit de boire sur la voie publique, ou dans des endroits qui n'y sont pas appropriés.
C'est à dire que même s'ils avaient bu au patio de la " zaouia " ils commettaient le délit d'ivresse publique.
Quant au fait d'avoir choisi une " zaouia " cela est considéré comme une atteinte au droit de sépulture, ledit monument renfermant la tombe d'un marabout.

Leur avocat a demandé les circonstances atténuantes, ses clients ayant agi sous l'emprise de l'alcool, et en tous les cas , ils n'avaient pas l'intention de porter atteinte à la sainte sépulture.
Le tribunal appréciera.
Ahmed YOUNES



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