Un voleur plumé par une prostituée

2007-08-12 - Le Temps
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Après avoir cambriolé un appartement et mis la main sur une somme de plus de 25 mille dirhams, un jeune père de famille marocain se fit, à son tour, voler par une fille de joie.

À la chambre criminelle près la cour d'appel de Casablanca, Omar et Najia se tiennent au box des accusés.
L'homme est poursuivi en état d'arrestation.
Quant à la femme, elle est en état de liberté provisoire.
De quoi s'agit-il ?
L'histoire commence avec Omar, ce jeune père de famille qui venait de quitter, très tard dans la nuit, un bar du centre-ville.
Il s'apprêtait à prendre un grand taxi à destination du quartier Sidi Bernoussi où il habite lorsqu'il se décide, soudain, de changer de destination pour faire un tour au centre-ville.
Pourquoi ? Mystère !
Ce jeune de 28 ans, marié et père d'une fille de deux ans est au chômage depuis plus de quatre ans.
Il ne gagne sa vie qu'en commettant, de temps à autre, de petits délits.
C'est ce à quoi il pensait justement, à ce moment-là, constatant qu'il n'avait plus d'argent dans sa poche.

Arrivé dans une ruelle, il remarque la fenêtre ouverte d'un appartement, situé au rez-de-chaussée.
Il s'y est approché tout en prenant ses précautions pour ne pas se faire remarquer par le veilleur de nuit.

Un coup d'œil à gauche et à droite.
Omar tire le volet de la fenêtre, s'arme d'une pierre, puis commence à scruter, de nouveau, les environs.
Personne ! Il brise, alors, la vitre et se faufile à l'intérieur de l'appartement.
Il semble que les habitants sont absents.
Comme si la chance lui a ouvert doucement ses portes.

Omar commence par la chambre à coucher où il se trouve l'armoire.
Il ne croit pas ses yeux : une véritable caverne d'Ali Baba.
Il s'empare de près de 25 mille dirhams et des bijoux en or.
Il met le butin dans un foulard qu'il glisse dans un sachet en plastique noir.
Après quoi, il sort par où il est rentré.
Pas plus facile que cela !
Omar prend un petit taxi.
Direction : un bar d'Aïn Diab.
Il y fête le pactole jusqu'à 3 h du matin.
Sa générosité ne laisse pas insensible une fille de joie, Najia, qui lui tient alors compagnie.
Ils passent tous les deux le reste de la nuit.

Le lendemain, tous les deux vont à Mohammédia pour s'offrir du bon temps et dépenser l'argent dans les bars.
Omar semble avoir oublié qu'il avait une épouse et une petite fille qui s'inquiétaient de son absence.
Une autre nuit passée dans les bars et les boîtes de nuit.
Najia invite, cette fois, Omar à venir chez elle.
Ils passent la nuit ensemble.
Le surlendemain, l'argent est toujours en poche.
Ils prennent leur déjeuner comme de jeunes amoureux et le soir, se baladent ensemble.
Dans un bar de Aïn Diab, Omar finit par plonger dans un sommeil profond à force de boire sans arrêt.
En se réveillant, il n'a plus rien ni le pactole ni Najia.
Il réalise qu'il venait de se faire plumer.

Il commence alors à crier et à protester.
La police se pointe.
Il est arrêté et conduit au commissariat.
Chômeur avec plus de deux millions de centimes et demi qu'il avait en poche ?
La police le soumet à un interrogatoire serré.
Il se met rapidement à table.
Il raconte tout.
Et la fille de joie ? Najia n'échappe pas à la police.
Elle avoue avoir mis un somnifère dans la bière d'Omar avant de lui subtiliser les 8000 dirhams qui lui restaient.
Omar reconnaît son délit devant la cour.
Mais il nie avoir commis d'autres vols, agressions ou cambriolages.
Verdict : cinq ans de réclusion criminelle.
Najia, elle, écope de trois mois de prison avec sursis.

(Source : « Faits divers d'Afrique)



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