Secouristes ou passeurs ?

2007-08-25 - Le Temps
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Tunis-Le temps: Le procès de sept pêcheurs tunisiens, accusés par les autorités italiennes d'être des passeurs tandis qu'eux affirment n'avoir fait que sauver en mer des clandestins en difficulté, s'est ouvert mercredi au tribunal d'Agrigente (Sicile, sud), a indiqué leur avocat Leonardo Marino.
Les sept hommes originaires de Monastir (Est de la Tunisie) affirment avoir porté secours le 8 août à 44 personnes entassées sur un zodiac qui menaçait de couler.
Ils les avaient fait monter à bord de leurs deux bateaux de pêche avant de les conduire sur la petite île de Lampedusa, au sud de la Sicile.
Une fois à terre, les autorités italiennes avaient arrêté les sept Tunisiens et avaient saisi leurs bateaux, les accusant d'être des passeurs.
Ils sont accusés d'avoir "favorisé l'immigration clandestine".
L'audience "risque de durer longtemps car le tribunal va devoir écouter de nombreux témoignages", a indiqué à l'AFP Me Marino, avant l'ouverture du procès.
Dans un communiqué, la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) a dénoncé "une détention arbitraire" pour les pêcheurs "dont le seul tort a été de secourir des personnes en danger de mort".
La Fédération a exigé "la libération immédiate" et "l'arrêt de toutes les poursuites à l'encontre" des pêcheurs tunisiens.
Selon la version de la FTCR, le mercredi 8 août 2007, une petite flotte de pêche tunisienne (les bateaux Fakhreddine, Mortadha et Mohammed el-Hedi), appareillant à près de douze miles marins de l'île italienne de Lampedusa rencontre une embarcation gonflable en difficulté.
Au bord de celle-ci se trouvent quarante-quatre personnes dont onze femmes (deux enceintes) ainsi que deux enfants.
Parmi les naufragés à la dérive, plusieurs sont dans un état de santé grave.
Après avoir avisé les autorités italiennes, les pêcheurs portent secours aux naufragés, les embarquent et se dirigent vers le port sûr le plus proche, comme le prévoient la législation et les usages maritimes.
Mais une fois au port de Lampedusa, des hélicoptères-ambulances prennent en charge certains naufragés dont l'état est particulièrement sérieux et les transfèrent à l'hôpital de Palerme.
Les sept pêcheurs tunisiens qui les ont secourus et accompagnés sont, eux, arrêtés et mis en détention et deux des bateaux à bords desquels ils travaillent (Mortadha et Mohammed el-Hedi) sont séquestrés par les autorités italiennes.
Le tribunal d'Agrigente doit déterminer si les pêcheurs inculpés ont "favorisé l'immigration clandestine" ou s'ils ont seulement porté assistance à des personnes en danger.




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