Qui a tué la voisine ?

2007-01-06 - Le Temps
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Tunis / Le Temps
C'est une affaire que nous avons relatée il y a quelque temps dans nos colonnes et dont la victime est une veille dame, trouvée à la banlieue de Tunis dans son domicile par son fils, inanimée et gisant dans une mare de sang, après avoir reçu 15 coups de couteau à travers plusieurs parties du corps.
L'enquête menée par les agents de la brigade criminelle, qui se sont déplacés sur les lieux, révéla que les bijoux de la victime avaient disparu.
On crut d'abord à un malfaiteur qui s'était introduit subrepticement dans les lieux, dans le but de voler et qui tua la pauvre dame, à cette fin.
Mais après plusieurs investigations, il s'est avéré, que peu avant de trouver la mort, la victime s'était disputée avec la voisine qui l'avait agressée et violentée.
Des témoins avaient, en effet, déclaré avoir entendu un grand vacarme provenant de la maison de la victime, et surtout des cris lancés par celle-ci, puis subitement, un retour au calme au bout duquel la voisine quitta les lieux.
Arrêtée, celle-ci reconnut avoir eu un prise de bec avec la victime, et qu'à un moment donné, dans son sa colère elle lança sur la victime un objet en plastique qui atteignit sa poitrine, sans que cela fut d'aucune gravité.

Cependant, ajouta-t-elle, loin d'elle fut l'idée de la tuer ou même de lui asséner les coups de couteau en question, à aucun moment elle n'eut, affirma-t-elle l'intention de la voler.
Que faisait alors les bracelets de la victime chez l'accusée ? En effet, le fils de la défunte, affirma avoir vu l'accusée porter des bracelets en or, en qui il reconnut ceux de sa mère.
L'accusée a cependant répondu à cette question, en déclarant qu'elle les avait achetés auprès d'une tierce personne.
Tandis que le témoignage de son propre fils à ce propos, n'était qui pour arranger les choses, puisqu'il déclara, qu'il n'avait pas remarqué ces dits bracelets auparavant, parmi les bijoux de sa mère et s'était même demandé à qui ils pouvaient appartenir.
Quoi qu'il en soit, l'accusée persista dans sa position, niant les faits qui lui étaient reprochés.
Inculpée d'homicide volontaire et de vol, elle fut poursuivie sur la base de l'article 204, du code pénal, punissant de la peine capitale, de tels faits.
La Chambre criminelle de première instance la condamna à la peine de prison à perpétuité.
Interjetant appel, elle comparut dernièrement devant la Chambre criminelle de la Cour, où elle continua à clamer son innocence.
Son avocat plaida l'absence de preuve tangible pouvant établir d'une manière indubitable et certaine la culpabilité de sa cliente.
Les présomptions existantes au dossier ne peuvent constituer qu'un commencement de preuve qui peut être facilement battu en brèche.
Or, bien qu'il y eut une rixe entre elle et la victime, cela ne prouve en rien qu'elle fut l'auteur des coups de couteau ayant généré la mort.
Par ailleurs, en ce qui concerne les bijoux de la victime, rien ne prouve qu'ils fussent volés par l'accusée et le témoignage du fils de celle-ci à ce propos ne peut en aucun être juridiquement digne de foi.
Au vu de ces éléments, la Cour, après délibération, a commuée la perpétuité prononcée à l'encontre de l'accusée, à la peine de 20 ans d'emprisonnement.



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