La paroles et l’action

2007-01-12 - Le Temps
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Et si l'on trouvait une solution radicale pour les enfants dont la rue est mère et qui galèrent afin de pouvoir se payer un morceau de pain moisi au lieu de fêter l'enfance un jour par an ? N'est-il pas mieux de leur procurer un logement et de les protéger contre les aléas de la vie, la famine, le froid et la délinquance au lieu de leur consacrer un jour par an pendant lequel on pense à eux ?
Ou plutôt appliquer les lois tout en veillant à leur suivi, au lieu d'instaurer une nouvelle loi chaque jour ? Et si les mentalités se mettaient à changer et que plus personne n'agresse ou violente une femme plutôt que penser à la fêter et se souvenir de ses droits une fois par an ? Et que les choses aillent dans le bon sens et se métarphosent pour ne plus voir les ONG inciter les femmes à porter plainte simplement car parce qu'elles n'auront plus besoin de le faire ? Ou que les droits de la femme ne soient plus encre sur papier et qu'on n'aura plus besoin de lutter pour cela du moment que la femme soit devenue l'égale de l'homme ?
Et si au lieu de réunir les enfants chaque mois de mai pour leur apprendre à confectionner un cadeau pour leur maman en vue de le lui offrir chaque dernier dimanche de mai, on leur inculquerait qu'une maman se respecte à vie ? N'est-il pas mieux qu'au lieu de leur apprendre à utiliser leur main une fois par an pour faire un don à leur maman, on leur apprendrait à ne jamais porter la main sur elle, comme cela devient fréquent de nos jours ?
Et si au lieu de fixer un jour pour la paix, un autre pour le don du sang, un autre pour la solidarité dont presque personne n'en entend parler malgré la médiatisation, on apprendrait tout simplement à être moins agressif, moins égoïste et plus généreux tous les jours ? Apprendre que tout en nous peut être un don ne serait-ce qu'un sourire, ne vaut-il pas mieux que de faire la propagande une fois par an afin qu'on fasse don de son sang ? ...
Et si au lieu de se mobiliser pour lutter pour la survie des animaux, on essayerait de porter moins de fourrure et de décorer avec moins d'ivoire ?
Et être plus mature et plus responsable dans l'étanchement de nos plaisirs n'est-il pas mieux que de fixer un jour par an pour la lutte contre le Sida, un autre contre l'alcoolisme et un autre contre la toxicomanie ?
Et si on devenait moins despote dans sa vie quotidienne et qu'on donnait plus la parole à son enfant ou à sa femme avant de s'inscrire dans un mouvement de lutte pour la liberté d'expression et de consacrer un jour par an pour défendre les droits de l'homme ?
Que nous apprenions à donner à autrui ne serait-ce qu'un morceau de pain au lieu d'attendre l'Aïd, Noël ou Hanouka afin d'offrir un bout de mouton ou un cadeau ou de se partager des gâteaux ?
Et si on s'habituait à dire chaque matin un mot gentil à ceux qu'on apprécie au lieu d'attendre la Saint valentin, une fois par an pour courir acheter un cadeau coûteux afin de dire à l'autre qu'on l'aime ?
Tout cela n'est-il pas un apprentissage à introduire dans nos habitudes ? N'est-il pas mieux d'en faire une façon de vivre au lieu de s'en souvenir une fois par an ? Après tout à quoi bon cela servira d'en parler durant les douze heures que constitue une journée ? Changer les choses ne peut se faire simplement en fêtant l'évènement une fois par an et en s'évaporant dans les tracas de la vie quotidienne le reste de l'année, ce n'est pas un slogan qu'on chante, c'est un comportement auquel on devrait s'astreindre...
Hajer AJROUDI



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